Après avoir été confiée aux mains d’une entreprise spécialisée dans le transport des œuvres d’art, le grand tableau de Jules Bastien Lepage, conservé au Musée de la Princerie, a rejoint le Musée d’Orsay pour son exposition consacrée à l’artiste natif de Damvillers.
La rétrospective du Musée d’Orsay offre aux visiteurs une promenade meusienne tranquille, au milieu de l’agitation de la foule parisienne. Le regard se laisse attirer par les visages sereins et les paysages paisibles, si reconnaissables, peints par l’artiste tout au long de sa courte vie (né en 1848, il meurt à l’âge de 36 ans des suites d’une grave maladie).
La Chanson du Printemps occupe une place de choix, parmi les 70 tableaux et dessins exposés : l’œuvre du Musée de la Princerie est une des premières images que découvre le visiteur. Seule et en majesté sur une cimaise, elle illustre les années de jeunesse et de formation de l’artiste, au moment où celui-ci se libère de la peinture académique qui lui a été enseignée, pour se lancer sur la voie de la modernité, dans les traces des réalistes Courbet et Millet, mais aussi à la suite des audaces de la touche impressionniste.
Le tableau ne sera donc pas visible à la réouverture du Musée de la Princerie, le 1er avril, mais vous pourrez à nouveau l’admirer parmi les œuvres venues de nombreux musées du globe (Hambourg, Londres, Copenhague, Stockholm, Tournai, Milwaukee, Glasgow...), pour l’exposition qui se tiendra au Palais épiscopal, à Verdun, à partir du mois de juin.
Un voyage en caisse
Les cent trente trois années d’existence de l’œuvre ayant fortement fragilisé l’adhésion de la couche picturale et de la toile, il a fallu l’emballer, la déposer et la fixer dans une caisse sur mesure, pour la protéger au mieux des vibrations pendant le transport. Ces précautions doivent éviter le risque de soulèvements de la matière picturale et sa perte irréversible.
Une fois arrivé au Musée d’Orsay, le tableau est stocké et acclimaté progressivement à son nouveau lieu de conservation, afin d’éviter que les chocs climatiques ne dégradent les fibres de la toile. Cette période sert aussi de temps de quarantaine, pour que les éventuels insectes, champignons et autres envahisseurs ne contaminent le musée.
Après toutes ces étapes, le tableau peut enfin être accroché...