Les Verdunois l’auront sans doute remarqué, la façade de la chapelle Buvignier présente un nouveau visage depuis quelques semaines...Quel étonnement, lorsque l’on descend la rue Saint Pierre et que l’on ne voit plus que la masse imposante et majestueuse de l’édifice... Quel régal pour les yeux lorsque l’éclairage nocturne fait ressortir les volumes architecturaux et projette des ombres inattendues ...
Après plusieurs mois de nettoyage, les échafaudages partis juste à temps pour l’inauguration de l’exposition « La propagande s’affiche », les passants peuvent enfin admirer un monument historique des plus intéressants.
Cet édifice religieux a été bâti entre 1731 et 1735, par l’architecte jésuite René Maugrain, au cours d’une période où la ville de Verdun a connu un embellissement architectural remarquable, sous l’épiscopat de Charles François d’Hallencourt (1723-1754), également commanditaire de l’ancien palais épiscopal. Cette église, à la façade imposante, sobre et harmonieuse, tient son nom de la première église en place, liée à l’hôpital Saint-Nicolas de Gravière. Le délabrement et le style gothique de cette dernière ne correspondant plus au goût dominant du temps des Lumières, elle fût détruite.
L’architecture et le décor du nouvel édifice témoignent de deux influences majeures. Il s’agit d’abord de celle de la tradition lorraine des églises-halles, où le volume intérieur est amplifié et unifié par des nefs latérales de même hauteur que la nef centrale et par de hautes baies. La seconde influence provient de l’architecture religieuse du XVIIème siècle, au cours duquel les Jésuites ont généralisé une ordonnance classique et des décors abondants. En témoignent les colonnes à l’antique supportant la voûte et les pilastres en façade, coiffés de chapiteaux ioniques ornés de motifs végétaux.
Le temps mais aussi les guerres ont eu raison de la façade originale : les bombardements ont laissé des traces d’impacts encore bien visibles. Ces dégradations ont été volontairement conservées car elles racontent l’histoire du monument, à travers les vicissitudes du temps. Les masquer aurait porté atteinte à l’authenticité de l’édifice.
Reliée dès son origine au collège jésuite fondé par l’évêque Nicolas Psaume en 1570 (aujourd’hui le collège Buvignier, reconstruit en 1890 par l’architecte Chenevier, d’où le nom courant de « Chapelle Buvignier »), cette église était le lieu des offices des frères jésuites. Elle a également recueilli le tombeau du cœur de Nicolas Psaume, mort en 1575. Aujourd’hui désacralisée, cette ancienne église constitue un fleuron du patrimoine verdunois et accueille une exposition annuelle dédiée à la mémoire de la guerre de 1914-1918.
Le fronton triangulaire : cliquez pour agrandir
Le tympan sculpté montre le sceau de la Compagnie de Jésus entouré d’une ronde de têtes d’angelots mais l’inscription « IHS » (signifiant le nom de Jésus en grec) surmontée d’une croix n’est malheureusement presque plus lisible.