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La bataille de Verdun
Le 21 février 1916, il est 7h15 du matin, lorsque l’armée allemande fait donner l’artillerie sur les lignes françaises. Près de 2000 pièces de tous calibres tombent sur un secteur long de 12 km. Et à 16h l’assaut est lancé sur des troupes que l’Etat Major allemand croit être à l’agonie ou pour le moins totalement désorganisées.

Côté français, la surprise a été totale et le choc effroyable. Mais la débandade attendue par l’ennemi n’a pas eu lieu. Les survivants des deux divisions françaises ne battent pas en retraite devant les trois corps d’armée allemands. Et la résistance s’organise. Une lutte impitoyable va opposer les deux camps et se prolonger pendant plusieurs mois sur cette poche de quelques kilomètres carrés, causant la perte de 163 000 français et 143 000 allemands tués ou disparus . 216 000 français et 196 000 allemands seront blessés. La plus terrible bataille que l’humanité ait connue, sera finalement remportée par la France mais au prix fort.

L’enjeu

Pour le général allemand Falkenhayn, l’objectif premier est de « saigner à blanc » l’armée française et contraindre la France à l’armistice. Le terrain vallonné et boisé semble propice, depuis 1915 la zone a été dégarnie d’une partie de son armée, le secteur est difficile à approvisionner. Le choix de Verdun s’explique également par le symbole que la ville représente. C’est ici qu’a été signé le traité de 843 partageant l’empire de Charlemagne et donnant naissance à trois entités territoriales dont les « blocs »Ouest et Est allaient devenir la France et l’Allemagne. Une victoire dans ce site historique renforcerait le prestige de la couronne impériale, que deux ans de guerre sans victoire déterminante avait quelque peu érodé.

Le Monument à la Victoire (JPEG)

Mais les allemands ont sousestimé les capacités d’organisation de l’Etat Major français et les capacités morales de la troupe si bien résumées par le fameux « à Verdun, on ne passe pas » et le non moins fameux « Courage, on les aura ! » du général Pétain. Une noria organisée sur la route reliant Bar le Duc à Verdun, baptisée par Maurice Barrès « la voie sacrée », permet de ravitailler le front et de renouveler les troupes régulièrement. Presque toutes les divisions de l’armée française se succèdent sur le champ de bataille, lui ajoutant ainsi une dimension patriotique et nationale supplémentaire. Les combats sont terribles mais les poilus qui en réchappent peuvent jouir de quelques moments de répit à l’arrière- pour 4 jours de combat , deux jours de repos - et se refaire - dans la mesure du possible - un moral. Ce n’est pas le cas des troupes ennemies jamais relevées, usées par « l’enfer de Verdun ». Car c’est bien d’un enfer qu’il s’agit. Des villages entiers sont détruits, les champs sont labourés par les obus, les bois disparaissent pour laisser place à un paysage lunaire fait de cratères et de tranchées dans lesquels se terrent les survivants. On se bat souvent pour quelques mètres, baïonnette au fusil, couverts de boues, assoiffés, asphyxiés, rompus... Les forts de Douaumont et Vaux sont pris et repris, les villages perdus un jour sont reconquis le lendemain, le moindre surplomb devient un enjeu, la ligne de front ne cesse de bouger mais ne cède pas.

Les allemands mèneront plusieurs grandes offensives, le 6 mars sur les deux rives de la Meuse, le 23 juin date retenue par la suite pour célébrer la Bataille de Verdun et qui verra tomber le village de Fleury, le 11 juillet enfin dans une ultime offensive qui échouera devant la résistance du fort de Souville. Les allemands ne parviendront pas à approcher à moins de 5 km de Verdun et les français reprendront peu à peu le terrain cédé jusqu’à la victoire finale et à l’Armistice du 11 novembre 1918, qui met un terme à la Première Guerre Mondiale de l’Histoire.


 


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