Elevée à partir de 1380 par le riche drapier, également doyen séculier et magistrat, Jean Wautrec, cette tour fut construite à l’endroit stratégique pour entrer dans la ville de Verdun par la face est. Son nom fait référence à la « chaussée » créée au XIIème siècle en direction de l’Est. Sa double fonction de porte et de fortification se lit clairement dans son architecture : deux grosses tours rondes et jumelles rattachées par un portique servent à la fois de lieu de passage et d’élément de défense.
La tour comprend trois étages au-dessus de la cave et se termine par une terrasse portant un couronnement à créneaux et à mâchicoulis, orné de gargouilles. Les murs extérieurs, seulement percés de quelques ouvertures étroites, ont une épaisseur de 1m75 à la base de la tour.
Malgré la solidité que Wautrec voulut donner à sa tour, il fallut démolir entièrement la partie sud, à la suite d’un affaissement du sol survenu en 1690. On la reconstruisit sur le modèle exact à l’autre moitié et avec les anciennes pierres de façon à conserver sa symétrie. De cette construction date l’arcade en plein cintre ainsi que, du côté est, le fronton classique qui dissimule l’ancienne porte ogivale.
A partir de 1754, la royauté s’en empara pour en faire une prison militaire, puis l’Etat décida de s’en défaire. La Ville de Verdun la racheta en 1899 pour le prix de 5.025 F d’époque.