La rue Mazel avant 1914
Le 1er août 1914 à 16 heures, l’affiche blanche de la mobilisation est placardée à Verdun. Elle annonce que le premier jour de la mobilisation est fixé au 2 août 1914. Le tocsin sonne.Les autorités cherchent à rassurer la population : « La mobilisation n’est pas la guerre ».
Mobilisation générale
Le 2 août 1914, la mobilisation est générale. Des milliers de réservistes rejoignent leurs affectations. Le 44ème Territorial aux ordres du Colonel Domange quitte la caserne Miribel pour prendre position en première ligne entre la Meuse à Brabant et la route d’Etain. Les évacuations commencent. Les familles des officiers, sous-officiers et fonctionnaires mobilisés doivent quitter Verdun. Les autorités font partir les suspects et des personnes inutiles à la défense.
Le 3 août 1914, le Général Coutanceau dispose de 63 000 hommes. Verdun et son camp retranché sont déclarés en état de siège.
Le 3 août 1914, 18h45. L’Allemagne déclare la guerre à la France.
Le 4 août 1914 d’autres personnes considérées comme inutiles à la défense de Verdun sont évacuées.
Le 6 août 1914, l’hospice Sainte-Catherine est évacué sur ordre de l’autorité militaire vers Compiègne puis vers Caen.
Le 7 août 1914, les commerçants peuvent travailler à nouveau librement sauf les débitants de boisson, la vente d’alcool demeure encadrée.
Le café de Paris
Reconverti dans l’alimentation
Du 6 au 9 septembre 1914, la force mobile de la place de Verdun, la 72ème division, intervient vigoureusement pendant la bataille de la Marne en direction de la Cousances et menace les communications allemandes entre Meuse et Argonne.
Le 12 septembre 1914, le front se stabilise au Nord de Verdun.
Du 8 au 14 septembre 1914, le Kronprinz, fils aîné de Guillaume II, tente de prendre Verdun. La place est sauvée par la résistance du fort de Troyon.
Le 24 septembre 1914, prise de Saint-Mihiel par les Allemands. Le front ne bouge plus, Verdun dessine un saillant vulnérable et mal ravitaillé entre Vauquois et l’Argonne à l’ouest où l’on va se battre jusqu’en 1918 et la hernie de Saint-Mihiel qui sera réduite par l’armée américaine de Pershing les 12 et 13 septembre 1918.
1914-1915 : combats violents et meurtriers aux Eparges.

Les territoriaux dégagent les escaliers des gros degrés après un bombardement
4 juin 1915 : bombardement de Verdun. Une vingtaine d’obus de 380, tirés par une batterie installée près de Muzeray, tombent sur la ville. Le collège Buvignier, réquisitionné par l’armée et transformé en hôpital militaire n°11, est frappé - 4 blessés hospitalisés et le cuisinier sont tués.
Le sous-préfet Jean Grillon demande à la population d’évacuer la ville. Des trains permettent à 1200 personnes de quitter Verdun depuis Baleycourt et Maison-Rouge.

La voie de chemin de fer devant la citadelle basse
Août 1915, Joffre donne l’ordre d’élargir à 7 mètres les 3 chemins de grande communication G.C. 1 bis, 2 bis et 6 bis qui constituent la route de Bar-le-Duc à Verdun.
Le 5 août 1915 un décret abroge le décret du 7 octobre 1909 et la place forte devient la Région Fortifiée de Verdun (RFV) le 9 août. Elle n’est plus autonome mais est rattachée au groupe d’armées du Centre commandé par le Général de Langle de Carry. Le Général Herr prend le commandement de la RFV. Sa mission est « essentiellement défensive ». « Elle n’a pas de valeur intrinsèque..., elle ne doit en aucun cas être défendue pour elle-même et le général qui la commande ne doit à aucun prix s’y laisser investir ».
Le 12 août 1915, premiers prélèvements. Ils vont augmenter de septembre à décembre. On retire des hommes, des canons, des munitions et des approvisionnements de l’ancienne place de Verdun. Des territoriaux remplacent les troupes d’active.
Les territoriaux au travail
Le 15 octobre 1915 on prélève 43 batteries lourdes et quelques batteries de 75.
Septembre 1915, la bibliothèque municipale, le musée, les archives de la Mairie et de nombreuses administrations ou services déménagent.
Le 1er octobre 1915, deuxième bombardement. 16 obus s’abattent sur la ville. Il y a 5 tués et quelques blessés.
Le 23 octobre 1915, bombardement par avion - quelques victimes.
Le 28 novembre 1915, bombardement par avion - quelques victimes.
Fin 1915, le Ministre de la Guerre Galliéni exprime son inquiétude devant l’état de certaines zones du front. Le lieutenant-colonel Driant, député de Nancy, commandant les 56ème et 59ème BCP et membre de la commission de l’armée à la Chambre, alerte directement son président, Paul Deschanel.
Le colonel Driant devant son PC
Le 16 décembre 1915, Galliéni écrit à Joffre pour l’informer de l’inquiétude grandissante et demande des renforts.
Le 18 décembre 1915, Joffre, mécontent, prétend que « rien ne justifie les craintes exprimées ».
Le 28 décembre 1915, le Conseil Municipal décide l’ouverture d’un collège mixte à l’Evêché pour la rentrée de 1916.
Le 1er janvier 1916, la RFV dispose de 78 bataillons dont 34 de territoriaux. Le front est à 15-20 kilomètres de la Cathédrale de Verdun.
Janvier-février 1916, les indices se multiplient, des renseignements de prisonniers et de déserteurs, les mouvements de trains, des travaux conduisent à penser que quelque chose de « terrible » se prépare.
Le 24 janvier 1916, le Général de Castelnau est envoyé en mission d’inspection. Il considère que la situation n’est pas menaçante mais qu’il faut hâter les travaux d’aménagement et envoyer des renforts.
Le 24 janvier 1916, les services de la place recensent environ 4 000 civils à Verdun.
Le 7 février 1916, le Président Raymond Poincaré se rend dans le secteur de Vaux-devant-Damloup.
Le 11 février 1916, les soldats en première ligne sont mis en état d’alerte.
Le 11 février 1916, depuis son Q.G. de Stenay, le Kronprinz vient de préparer une proclamation à publier le lendemain matin : “Sa Majesté, notre Empereur et notre Roi, nous appelle à l’attaque”.
Le 12 février 1916 à l’aube. La neige tombe drue, la météo est exécrable, on ne voit rien à un kilomètre et l’artillerie ne peut rien faire. Le Kronprinz donne l’ordre de retarder l’attaque sur Verdun de 24 heures. L’ordre sera repoussé de jour en jour jusqu’au 21 février à l’aube.
Le 12 février 1916, de nombreux villages sont évacués sur ordre de l’autorité militaire : Champneuville, Chattancourt, Cumières, Esnes, Marre, Montzéville, Ornes et quelques jours plus tard Bras et Charny.Pour le Général Chrétien, il s’agit d’ « un terrain à catastrophes ». Nombreux sont les observateurs qui notent un secteur délabré, un site difficile et Driant ajoute un “manque d’hommes”et de “fils de fer barbelés”.
Le 12 février 1916, deux divisions sont mises à la disposition du Général Herr.
Le 14 février 1916, l’hôpital Saint-Hippolyte doit se replier sur Maison-Rouge. Ces mesures inquiètent la population et les départs augmentent.
Le 16 février 1916, le Général Herr redit une fois de plus qu’il manque de moyens et est persuadé qu’une attaque se prépare. Joffre n’y croit pas.
Le vendredi 18 février 1916, le service automobile reçoit l’ordre de se tenir prêt. Le capitaine Doumenc quitte Chantilly, siège de l’Etat-Major général pour prendre contact avec le Commandant Vigneron, commandant le service automobile de la 3ème armée.
Le samedi 19 février 1916, face aux menaces, l’Etat-Major Général confie au Capitaine Doumenc la mise en œuvre des mesures à prendre pour ravitailler Verdun et ses unités.
Le Général Joffre arrivé à Bar-le-Duc le matin se rend à Verdun et à Dugny au château du Sénateur Charles Humbert, P.C. du Général Herr.
Le 20 février 1916, les annonces paroissiales de l’église Saint-Amant estiment nécessaire de publier ces quelques lignes :“Permettez-nous de vous mettre en garde contre les bruits plus ou moins alarmants que des personnes mal renseignées ou trop promptes à prendre peur, essaieraient de répandre dans nos faubourgs. Nous savons notre contrée merveilleusement défendue par un système très savant et très compliqué d’ouvrages militaires ...”.
Ce même dimanche 20 février 1916, le docteur Guérin note dans son journal : “Temps magnifique ...La pluie a cessé, le 19 à 6 heures du soir ...Calme complet aux alentours. Nous apercevons 3 saucisses à l’Est, au Nord et à l’Ouest de Verdun”. Les conditions météorologiques attendues par le Kronprinz depuis le 11 février 1916.
Le 20 février 1916 à 19 heures, la Commission automobile est créée pour répondre aux besoins en hommes et en approvisionnements.
Tout doit être opérationnel pour le mardi 22 février, 12 heures.
Historique de la Bataille de Verdun