La Nature morte de Jules Bastien Lepage, conservée au Musée de la Princerie et peinte dans la seconde moitié du XIXè siècle par l’artiste meusien, vient d’être restaurée et de regagner sa place sur les cimaises du musée.
Nature morte avant restauration
Agé de plus d’un siècle, le tableau a subi les dégradations liées au passage des ans : empoussièrement et encrassement, déformations et déchirure, craquelures et écaillages.
Ces altérations sont dues à la lumière, à l’humidité, à la poussière, aux chocs et à certains composants de la couche picturale.
Nature morte après restauration
Le travail du restaurateur a d’abord consisté à rééquilibrer la toile sur son support, de façon à ce que le textile ne subisse plus les tensions générées par les déformations du bois. Il a donc fallu remplacer le châssis ancien par un châssis neuf, à clés, qui permet à la toile les micro-mouvements liés à son vieillissement et aux variations du climat.
Châssis fixe ancien, au revers
Le revers de la toile est oxydé, empoussiéré et encrassé. Les fibres ont été fragilisées, et certaines déchirées, soit à cause d’une trop forte tension, soit lors d’une manipulation, soit à cause d’un éclat d’obus.
Il est donc nécessaire de nettoyer le revers, de remplacer le châssis et de consolider l’ensemble de façon à ce que la restauration soit durable.
Nettoyage en cours du revers, à la brosse puis au scalpel
Collage fil à fil des lèvres de la déchirure
Avant de monter la toile sur le châssis neuf, celle-ci est doublée sur le revers, puis une protection anti-poussière est posée à l’arrière du châssis.
Châssis neuf à clés et doublage de la toile sur le revers
Protection anti-poussière
Après ce travail sur le revers, le restaurateur intervient sur la couche picturale : sous-couche de préparation et couche superficielle colorée. Il est nécessaire de redonner une bonne adhésion entre la couche de préparation et la toile puis de refixer les écailles en surface.
| La phase suivante consiste en le décrassage du vernis, dont les taches, le jaunissement et l’empoussièrement opacifient les couleurs.
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Nettoyage du vernis en cours
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Enfin, le restaurateur peut procéder aux retouches : il faut d’abord poser un mastic à l’emplacement des lacunes.
Ce mastic permet de poser la couleur de retouche exactement au même niveau de surface que la couche colorée originale.
| La retouche fait illusion car elle produit un effet de fondu. Pourtant, un œil averti doit toujours pouvoir la repérer. |
Exemple de retouche illusionniste
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La dernière opération est le vernissage, qui unifie la surface du tableau et protège la polychromie. Cette étape de finition améliore la lisibilité générale du colorisme.
Le choix des opérations de restauration sont multiples. A chaque œuvre convient une solution particulière et adaptée. Dans la mesure du possible, une restauration doit être stable et durable dans le temps. Elle doit aussi être lisible, afin que les parties originales et les parties restaurées se distinguent. Enfin, le restaurateur doit adopter des solutions réversibles, au cas où des effets secondaires néfastes apparaîtraient.
La restauration de la Nature morte de Jules Bastien Lepage a été réalisée de 2004 à 2006, par Igor Kozak , que nous remercions pour sa relecture et le prêt de ses photographies.