Un drôle de chantier a commencé au Musée de la Princerie : depuis le mois de juin 2009, de nombreuses mains s’affairent autour des objets, un immense travail de fourmis s’est engagé dans les réserves pour 2 ans... C’est le chantier des collections.
Cet été, une curieuse bulle gonflée d’azote s’est installée dans une des salles du musée... De quoi s’agit-il ?
Le traitement par anoxie dynamique
Bois attaqué
Après avoir ausculté l’ensemble des œuvres du musée et de la structure du bâtiment, à l’aide de lampes et d’appareils spécialisés, un restaurateur a repéré et isolé un certain nombre d’œuvres attaquées par les insectes. Ces insectes, dits « xylophages » ou « kératophages » se nourrissent du bois ou de la kératine dont sont constitués les objets. Afin de stopper leur action destructrice, un traitement adapté aux œuvres d’art a été mis en œuvre. Il s’agit de l’anoxie dynamique.
Une enceinte étanche a été installée de façon à être visible du public : c’est une poche dont les pans ont été thermo-soudés et dans laquelle ont été déposées les œuvres attaquées par les insectes. Il s’agit principalement de mobilier en bois, de tableaux, de sculptures, de textiles et de petits objets en cuir. Cela représente un volume d’environ 30 mètres cubes. Le principe du traitement consiste à envoyer un flux d’azote gazeux dans la poche de façon à diminuer rapidement le taux d’oxygène (<0,1%). Les taux d’humidité et d’oxygène ainsi que la température (celle-ci doit être supérieure à 22 degrés) sont contrôlés quotidiennement grâce à des sondes. Ce traitement vise à asphyxier les insectes et dure quatre semaines. Il est totalement inoffensif pour les œuvres et est conduit par un restaurateur spécialisé.
Photographies de l’installation de l’anoxie :
Début de l’installation
Installation des oeuvres infestées
Installation des oeuvres infestées
les oeuvres réunies avant de refermer la "poche"
Fermeture de la poche
Cette opération est subventionnée par la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Lorraine.