Sculpteur, orfèvre et émailleur, on doit à Nicolas de Verdun de nombreuses réalisations à Klosterneubourg (banlieue de Vienne), Cologne, Bruxelles, Tournai ainsi qu’en Espagne. C’est, toutes proportions gardées, une sorte de « Michel-Ange » du Moyen-Âge. Différence de taille cependant. A cette époque, c’est le commanditaire qui compte, pas l’artiste. Celui-ci doit faire preuve de créativité mais également de discrétion.
Retable de Klosterneubourg
Pour autant Nicolas de Verdun ne restera pas anonyme. Il s’illustre dans l’art mosan (du pays du même nom traversé par la Meuse et s’étendant de Verdun à Maastricht en passant par Liège). Il crée pour certains, incarne pour d’autres « le style 1200 » un style nouveau et puissant qui préfigure la grande statuaire du XV° siècle. Avec l’utilisation des plis mouillés, la châsse de Notre-Dame de Tournai (1205) en constitue une parfaite illustration. Son autre chef d’œuvre est l’ambon* orné d’émaux de l’abbaye de Klosterneubourg, près de Vienne (1181) qui en 51 plaques émaillées illustre des épisodes de l’Ancien et du Nouveau Testament. Le raffinement de la réalisation fait dire à certains historiens d’art que l’on est passé avec cette œuvre "de l’âge roman au style gothique". Rien de moins !
*ambon : tribune élevée devant le choeur des églises.